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L’Association Mazaalai : suivi de la Chouette de Tengmalm

Mis à jour : mai 6

L’association participe activement au suivi de la chouette de Tengmalm dans le département du Puy-de-Dôme.

Les efforts de l’Association Mazaalai se portent sur le massif volcanique des Monts-Dore (nommé aussi « massif du Sancy »), sur lequel aucun suivi n’a jamais été effectué.

En effet, si l’ensemble volcanique de la Chaine des Puys (Puy-de-Dôme) a fait l’objet d’un suivi coordonné par le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne (PNRVA) et la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO-Auvergne), le massif des Monts-Dore, éloigné de la métropole Clermontoise n’a jamais été suivi ni même régulièrement prospecté.

L’objectif de l’Association Mazaalai est de suivre la dynamique de la population de chouettes de Tengmalm par un protocole rigoureux, via l’installation de nichoirs.


Nichoir à chouette de Tengmalm de l'Association Mazaalai

L’ensemble de ce travail se fait en étroite collaboration avec l’Office National des Forêts (ONF) afin de partager le repérage des arbres porteurs de loges naturelles favorables à l’espèce.

Ces arbres à cavité, ainsi que ceux porteurs de nichoirs, sont marqués par l’ONF afin d’être conservés pour la biodiversité (« arbres-habitat, disséminés et à haute valeur biologique ») et d’intégrer une trame de vieux bois visant le maintien et le développement de la biodiversité dans les forêts relevant du régime forestier. Ces arbres seront ainsi définitivement préservés sur pied (jamais abattus) jusqu’à leur dépérissement et leur écroulement naturel, mais aussi jusqu’à la phase ultime de leur décomposition au sol.


Cavité de Pic Noir

I) Biologie – Ecologie de l’espèce

1°) généralités


La chouette de Tengmalm fait partie de ce petit groupe de « petites chouettes de montagnes » dans lequel on trouve le plus petit de nos rapaces nocturnes, la Chevêchette d’Europe.

Elle est considérée comme une espèce relictuelle de la dernière époque glaciaire (-10000 ans). En effet, en France, elle occupe essentiellement les massifs forestiers montagneux de type « hêtraie-sapinière » au-dessus de 900m d’altitude. Cependant, dans le Nord de l’Allemagne, on la retrouve déjà dans les forêts âgées de basse altitude, tout comme en Scandinavie.

Son activité est essentiellement nocturne et se situe durant les 2-3h qui suivent le coucher ou qui précèdent le lever de soleil. En journée, elle se repose discrètement le long d’un tronc (très rarement dans la cavité d’un arbre) comptant sur son plumage et sa petite taille pour passer inaperçue.


2°) Régime alimentaire

La chouette de Tengmalm chasse à l’affût, postée sur une branche, souvent assez proche du sol. Elle n’a, en effet, pas la capacité de déceler par réflectance des UV les traces d’urine ou de fécès des petits rongeurs. Son régime alimentaire est essentiellement basé sur les micromammifères (95%) le reste des proies étant des passereaux de petite taille.


3°) Reproduction

Le couple ne se forme que pour une saison. Seuls les mâles sont fidèles au territoire de nidification d’une année sur l’autre, alors que les femelles sont assez facilement nomades et peuvent quitter le site en fin de période de reproduction si le milieu est pauvre en ressource trophique. L’implantation d’une population est donc relativement dépendante de la sédentarité des mâles.


Cavité de Pic Noir

Le site de reproduction est quasiment toujours une loge de Pic Noir dans un hêtre, un sapin ou un pin. Les arbres morts, encore en place, appelés « chandelles », sont également occupés car présentent souvent de nombreuses cavités.




Mâle Pic Noir construisant sa cavité en 2019.
Chouette de Tengmalm lors du suivi 2020 : dans la cavité du Pic Noir illustrée ci-dessus.

La ponte a lieu entre fin février et début mai, selon l’altitude et les conditions climatiques. En fonction de la ressource trophique, une ponte de chouette de Tengmalm compte de 3 à 6 œufs maximum. Les années où la nourriture est rare, la femelle ne pondra pas. Le taux de reproduction est donc extrêmement variable d’une année sur l’autre.

Les jeunes restent dans la cavité environ 30 jours, et volent aux environs du 35ème jour.

Les jeunes sont élevés par les deux parents jusqu’au milieu de l’été, période à laquelle les jeunes vont quitter le site de nidification pour ne plus y revenir. Leur émancipation les conduit souvent à plus de 10-20 km jusqu’à plus de 400 km parfois. Les jeunes Tengmalm atteignent ensuite la maturité sexuelle vers l’âge de 1 an.

Le taux de mortalité des jeunes est très important chez cette espèce et s’élève à 75% la première année, puis s’abaisse à 30% l’année suivante.


II) Le suivi de l’espèce

"Arbre-habitat, disséminé et à haute valeur biologique"



Ce suivi est soumis à un protocole strict établi par l’Association Mazaalai, inspiré des protocoles proposés par la LPO.

L’ONF participe activement au suivi dans les forêts relevant du régime forestier situées sur le secteur établi par l’Association et se trouve être un partenaire indispensable pour que les efforts de détection soient suivis d’une action de protection intégrale des arbres porteurs de loges de pics et de nichoirs spécifiques de cette espèce.






1°) La période dite des « écoutes nocturnes »


De février à mars, les sites d’implantation des nichoirs et de cavités naturelles connues font l’objet d’une écoute à distance afin de repérer les mâles chanteurs, et éventuellement les couples. Si l’écoute est positive, un seul passage est effectué pour limiter au maximum l’impact anthropique sur l’espèce.


2°) La période dite de « vérification des loges »


L’occupation des nichoirs et des loges est vérifiée par la technique du « grattage » utilisée classiquement chez cette espèce. Le protocole doit être scrupuleusement respecté pour limiter une fois encore le dérangement.

Chouette de Tengmalm suivi 2020

Rappelons que cette espèce ne commence à être connue puis étudiée que depuis les années 1940. Sa découverte en Auvergne date seulement de 1979 et sa détection n’est pas chose très aisée.

Bien que prédatrice, la chouette de Tengmalm est aussi la proie d’autres rapaces tout particulièrement de la chouette hulotte. En général, elle évite de s’implanter dans les secteurs où la hulotte est bien présente. Il est par ailleurs fortement déconseillé de proposer des nichoirs à hulotte dans les forêts où la chouette de Tengmalm est présente.

La présence des nichoirs à Tengmalm dans les secteurs où les cavités naturelles sont peu nombreuses peut fournir une aide à l’implantation de l’espèce. Les nichoirs posés par l’Association sont porteurs de protection afin de limiter l’accès à la Martre-des-Pins, son principal prédateur.

Cependant, l’oiseau semble préférer les loges naturelles lorsqu’il en a le choix, et c’est sans doute une très bonne chose pour le maintien durable d’une population dans un massif forestier.

Chouette de Tengmalm dans un hêtre
Chouette de Tengmalm lors du suivi 2020

@Mazaalai2020

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