• mazaalai-nature

L'Association Mazaalai : suivi du Grand-duc d’Europe

Mis à jour : mai 6

L’association participe activement au suivi du Grand-duc d’Europe dans le département du Puy-de-Dôme.

Le suivi dans ce département, a commencé au début des années 2000. Depuis octobre 2016, la coordination du suivi est assurée par Anne Citron et Cyrille Jallageas (membre de l’association Mazaalai).


En 2001, 11 sites étaient suivis pour plus de 90 aujourd’hui. Le département compte environ 70 sites occupés pour lesquels nous avons des preuves formelles de présence. On peut raisonnablement estimer la population à une centaine de couples.



I) Biologie – Ecologie de l’espèce

1°) généralités

Le hibou Grand-duc ou Grand-duc d’Europe, est le plus grand rapace nocturne du monde. Son activité principale se situe durant les 2-3h qui suivent le coucher ou qui précèdent le lever de soleil. En journée, le Grand-duc est à l’abri des regards dans des arbres au feuillage dense ou dans une cavité d’une falaise.


2°) Régime alimentaire

Son régime alimentaire est très éclectique : des petits rongeurs, en passant par des oiseaux de grande taille comme la chouette hulotte ou le milan, il ne dédaigne pas non plus les amphibiens ou les poissons. On le considère très peu charognard.



3°) Reproduction

Le couple est fidèle pour plusieurs années, voire même souvent pour la vie, mais la disparition d’un des deux partenaires permet le mélange intergénérationnel des individus.

Si le site de reproduction est majoritairement rupestre chez cette espèce, aussi bien sur de hautes falaises que dans des chaos rocheux de faible ampleur, on peut le trouver parfois sur l’aire d’un grand rapace diurne.

La ponte a lieu entre fin février et mi-avril, selon l’altitude et les conditions climatiques. En fonction de la ressource trophique, une ponte de Grand-duc compte de 1 à 3 œufs. Les années où la nourriture est rare, la femelle ne pondra pas. Exceptionnellement, on a observé des pontes de 4 œufs.

Les jeunes sont élevés par les deux parents jusqu’à la fin de l’été, période à laquelle les jeunes vont quitter le site de nidification pour ne plus y revenir.


II) Le suivi de l’espèce

1°) Les périodes dites des « écoutes »

Le suivi auquel participe l’association est découpé en trois temps forts :

- mi-octobre à mi-décembre : CHANTS TERRITORIAUX

C’est la période des chants territoriaux. Les mâles font le tour de leur territoire sur différents postes.

Si un couple est présent sur un site, les deux adultes peuvent chanter en duo, mais ce n’est pas systématique.

- mi-décembre à février : CHANTS NUPTIAUX

C’est la période des chants nuptiaux. Le mâle et la femelle chantent en duo sur le site de nidification au sens large.

Le Grand-duc chante ponctuellement toute l’année, bien que la période décembre-février soit la plus favorable pour détecter les adultes qui sont alors moins discrets.

- mi-mai – fin-juin (selon la période de ponte) : CRIS des JUVENILES

C’est la période de chuintements des jeunes (volants ou non) pour quémander nourriture à leurs parents.



2°) Le suivi par écoute simultanée

En période hivernale, des écoutes simultanées sont proposées afin de suivre, en une seule soirée, de nombreux sites de nidification potentiels ou connus. Le nombre de participants est déterminant pour que ces actions soient efficaces. Cela permet aussi de vérifier que plusieurs sites proches sont occupés, ou non, par des individus distincts.

L’association prend part chaque année à des suivis annuels de sites à grand-duc, et participe aux écoutes simultanées afin de fournir un maximum de données sur cette espèce.

Rappelons qu’à la fin des années 70, il ne restait en France qu’une cinquantaine de couples, dont quelques-uns en Auvergne, dans des gorges où l’Homme n’avait pu les exterminer de part un accès très complexe. Le Massif Central a donc été un point de départ important de recolonisation des espaces, suite à sa protection en 1972.

La présence des espèces se trouvant à l’extrémité des réseaux trophiques, (nommés parfois « chaines alimentaires ») est toujours une preuve de bon état écologique du milieu. En effet, si les « grands prédateurs » sont présents, cela signifie que, de la production primaire de matière organique par les végétaux jusqu’au bout de la chaine trophique, les individus survivent, se reproduisent, restent présents dans le milieu en quantité suffisante pour être consommés par d’autres, le tout dans un état d’équilibre « proie-prédateur » bien documenté par différentes publications scientifiques.

@Mazaalai2020

Contactez-nous